Question de point de vue sur l’usage de Drupal & SPIP

Romy a trouvé un bien bel article sur un comparatif d’usage entre Drupal & SPIP. Au delà des nombreux avis exprimés à la fin de l’article sur chacun des systèmes, essayons d’avoir une lecture plus mesurée des capacités de chacun des CMS.

L’opinion des auteurs

Selon les auteurs, on distingue deux visions bien démarquées entre Drupal & SPIP:

Le labyrinthe Drupal est exprimé dans un design monocolor normalisé, épuré, aseptisé où tout finit par se ressembler. L’administrateur se retrouve alors comme dans une immense ville où toutes les rues, toutes les maisons, tous les monuments, toutes les voitures, tous les … sont identiques, où rien ne permet de se situer, de s’orienter

Avec SPIP on met très rapidement et facilement un site dynamique très performant en place. SPIP est maîtrisable rapidement et facilement à tous les plans et pour tous les rôles par le plus grand nombre.

Les éléments marquants

SPIP correspond plus à une logique d’édition de pages et d’articles par des administrateurs ou utilisateurs amateurs. L’auteur montre que dans son cadre professionnel, il est très facile de proposer à différents utilisateurs de créer leur espace d’édition de contenu. Après validation de la demande et création de l’espace, les intéressés suivront une formation établie permettant la maîtrise de l’outil.

Drupal est fortement critiqué par les personnes cherchant un système d’édition simple pour leur projet. Les arguments que nous retrouvons sont que Drupal se destine plus à une exploitation par des professionels du web.

Drupal me semble nous renvoyer à une époque où les outils informatiques n’étaient qu’affaire d’informaticiens spécialisés.

Drupal est avant tout un CMF (10% CMS et 100% CMF), le CMS est quasi entièrement à créer avec le CMF.

Drupal est un outil particulièrement adapté à la réalisation de sites sociaux. Il permet la création de types de contenu avancé pouvant être mis facilement à disposition d’utilisateurs ou groupe d’utilisateurs. Il se présente comme une base de développement qu’il faudra configurer et agrémenter pour répondre aux besoins d’un projet particulier.

Étant donné l’intérêt actuel pour les sites sociaux, Drupal jouit d’une grande réputation dans les agences qui se lancent dans ce genre de projet.

Conclusion

J’aime beaucoup les articles qui défendent SPIP et d’autres CMS méconnus ou mal aimés. SPIP est un formidable outil pour les sites rédactionnels.

Drupal est un outil puissant pour la réalisation de sites sociaux à usage « industriel ». On reprochera à sa communauté et aux personnes qui l’utilisent, un discours un peu trop exacerbé. On rencontre souvent parmi ceux-ci des développeurs PHP qui ensencent un outil qui leur correspond à eux.

Avec la diversification de pratiques du web, il est nécessaire de prendre en compte chacun des intervenants éventuels sur un projet. L’objectif est de mettre en place une chaîne de production et de gestion de contenus adaptée aux problématiques rencontrées.

Voir La facilité avec SPIP versus la souffrance avec Drupal.

Connexion à la communauté dans l’entreprise 2.0

La question de la signification du Web 2.0 génère quelques commentaires en ce moment. En ce qui concerne le web 2.0, Narvic parle d’un modèle des affaires pour les entreprises internet : Dans ce nouveau Web de masse, vous êtes plutôt hacker ou bien consommateur ?.

Il me semble utile de revenir ensuite « aux sources » du Web 2.0, telles que définies par les « inventeurs » du terme, c’est à dire un « paradigme » technique et économique du Web et de son développement, une sorte de « modèle des modèles d’affaires » à succès pour les entreprises d’internet. C’est ainsi, en tout cas, que le définit Tim O’Reilly en 2005.

Afin d’adapter le fonctionnement de ses équipes à ce nouveau modèle, une société doit mettre en place les principes de l’entreprise 2.0. Pour faire simple, on pourrait dire qu’il s’agit de faire travailler ses équipes avec des outils web 2.0. C’est quand même simple le web 2.0. En tant que manager, il suffit de mettre 2.0 derrière tout les projets en cours. J’ai hâte de profiter du licenciement 2.0.

Malgré les multiples questions posées par la web 2.0, la réflexion sur l’entreprise 2.0 ne s’est pas tarie. Christophe Deschamps édite un livre dans lequel il tente de montrer les causes et les impacts de cette émergence tant au niveau des organisations que des individus.

Attardons nous sur un aspect en particulier, le rapport aux autres avec les technologies du web 2.0.

Entreprise relations aux autres

Précédemment, les employés d’une entreprise entretenaient une séparation stricte entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle (et intime). Un investissement au sein de sa structure professionnelle pouvait être source de promotion. Désormais, avec le web social et la gestion de son identité numérique au quotidien (l’extimité), la séparation devient moins précise.

L’investissement nécessaire pour le maintien de sa vie numérique ; c’est-à-dire le temps passé à comprendre les différents types d’information, les archiver, les transmettre, les rechercher (…) ; est difficilement valorisable. Alors que nombre d’employés s’investissent (pas toujours de manière très intelligente) dans la maîtrise de ces nouveaux outils, leur entreprise n’est pas toujours disposée à les mettre en place ces dispositifs dans le cadre professionnel. Question de leadership sur les informations qui circulent.

Dans le monde 2.0, les employés travaillent en continue. L’abonnement aux mails professionels, une fois un smartphone acquis, n’est qu’une extension de l’asservissement au travail. Les heures de discution sur les réseaux sociaux sont un apprentissage aux techniques de communication modernes. Beaucoup de fatigue pour peu de reconnaissance au final (enfin, ça dépend des jours).

Actuellement, beaucoup d’entre nous vivent dans cette situation de recherche de reconnaissance. Nous attendons de recevoir les fruits de nos sacrifices. Pourtant, la frustration nous envahit une fois aperçu le chemin nous menant vers la prochaine marche.

Dans le monde du web 2.0, le groupe s’efface au profit de l’individuel. Charge à chacun de supporter les contraintes qui précédemment pouvaient être gérées de manière collective.

Dans une société précarisée comme la notre, le modèle des affaires du web 2.0 nous expose à des problématiques et des dangers de plus en plus nombreux. Nous ne sommes pas à l’abri d’une déconvenue sociale radicale.

Avec ce genre de mésaventure, il avoir les épaules solide pour pouvoir l’encaisser.

Des petits riens

Question sur l’intelligence collective de Pierre Lévy

Une science de l’intelligence collective ? chez « le guide des égarés ». Cet article évoque les travaux de Pierre Levy sur l’intelligence collective avec son concept d’IEML.

L’entreprise de Pierre Lévy est ambitieuse (trop ?) car le projet est celui d’une nouvelle lingua franca au travers du modèle IEML qui « permettrait non seulement d’élucider les mécanismes de la cognition symbolique mais encore de perfectionner notre gestion collective des connaissances et donc en fin de compte de soutenir le développement humain. »

Le texte permet de bien comprendre les objectifs d’IEML qui étaient restés parfois obscurs même si le désir d’une nouvelle langue ou idéographie est présente depuis longtemps chez Lévy.

L’auteur parle de Stiegler et de Simondon, tout à la fin, dans la conclusion.

Lancement du groupe de travail RDFa par le W3C

Du nouveau concernant le RDFa au W3C. Le web sémantique arrive à petits pas, enfin, à condition qu’on arrive à faire comprendre l’intérêt de la sémantisation des contenus à ses collègues. Bah, oui, une interface ne doit pas seulement être belle.

Aujourd’hui, le W3C vient de lancer un groupe de travail dédié au RDFa : le RDFa Working Group.

La mission de ce nouveau groupe de travail consistera à encourager l’utilisation du RDFa, un format permettant d’embarquer des données structurées dans les documents Web, autrement dit un format ouvrant la porte à l’univers du Web sémantique (d’ailleurs, le groupe de travail est rattaché à l’activité Web sémantique du W3C).

Lire Lancement du groupe de travail RDFa par le W3C.


© Copyright 2009 bertrandkeller . Merci pour la visite